Ce que je retiens de mon échange avec Marc Cagnard, Directeur Afrique subsaharienne de Business France.
On parle beaucoup de la relation économique entre la France et l’Afrique. On en parle souvent dans un seul sens. Ce que j’ai retenu de mon échange avec Marc Cagnard, c’est précisément que ce sens unique est en train de devenir obsolète.
Le modèle qui s’impose aujourd’hui n’est plus celui de l’exportation française vers le continent. Il s’articule autour de la co-construction, de la co-innovation, du co-investissement, avec un objectif clair : faire émerger de véritables champions africains, intégrer l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales, et renforcer la souveraineté du continent, qu’elle soit alimentaire, sanitaire ou industrielle.
Un chiffre devrait faire parler davantage : la France est aujourd’hui le premier récepteur d’investissements directs étrangers africains en Europe. 1 400 filiales d’entreprises africaines sont présentes sur le territoire français, représentant plus de 15 000 emplois et 8,5 milliards d’euros de stock d’investissement. Et ce ne sont plus seulement les grands groupes sud-africains, ce sont désormais des entreprises ivoiriennes, sénégalaises, camerounaises, kényanes, nigérianes qui s’installent, créent et investissent. La relation fonctionne dans les deux sens. Ce n’est pas assez dit.
Business France ne s’arrête pas au discours. Sur ce forum, 850 rendez-vous individuels qualifiés sont organisés en deux jours. Chaque année, ce sont 2 100 entreprises françaises accompagnées sur le continent par des équipes terrain qui connaissent les marchés, les acteurs, les besoins réels. La mise en relation est ciblée, orientée vers des partenariats dans la durée.
Le choix de Nairobi pour accueillir cet événement n’est pas anodin non plus. Le Kenya est un hub économique majeur pour l’Afrique de l’Est, économie diversifiée, dynamique, connectée régionalement. Un signal adressé aux entreprises françaises encore trop concentrées sur l’Afrique de l’Ouest : les opportunités existent aussi à l’Est, et au Sud.
Et puis il y a ce message, le plus direct peut-être : l’Afrique, c’est maintenant. Pas le continent du futur. Pas celui du XXIe siècle. Maintenant. Les entreprises qui attendent encore de se positionner ne prennent pas une précaution, elles prennent un retard.
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